postheadericon Potosi / Sucre : de l'Enfer au Paradis

Du 22 au 27 avril 2011

Après le désert du Sud Lipez, notre route nous conduit vers les jolies villes coloniales de Potosi et de Sucre. Fondées au XVIème siècle par les conquistadors espagnols, elles bénéficient d'une belle architecture. Au premier rang des monuments historiques, les nombreuses églises : pas moins de 80 rien qu'à Potosi ! Le bon endroit pour passer le week-end de Pâques !

L'enfer des mines de Potosi

Arrivée à 4000 mètres d'altitude dans l'une des villes les plus élevées du pays. Du terminal, nous entamons chargés comme des baudets la montée vers le cœur historique de Potosi à la recherche d'un hostel. On ne s'était pas vraiment rendu compte de la distance à parcourir... à cette altitude ! Autant dire que cet exercice est épuisant. Tout ça pour économiser le taxi !

L'installation des conquistadors espagnols à Potosi n'est pas un hasard. La ville est dominée par le Cerro Rico (traduction littérale : "mont riche"), exploité depuis le XVIème siècle - principalement pour l'argent, mais aussi le plomb et le nickel - et loin d'être épuisé. La légende dit qu'avec tout l'argent extrait de la mine depuis des siècles, on aurait pu construire un pont jusqu'en Espagne et continuer à acheminer du minerai dessus !

Nous avons toujours été réticents aux visites un "voyeuristes" qui consistent à regarder les gens vivre ou travailler. C'est ce qui nous a fait hésité avant de visiter les mines de Potosi en activité. Cela dit, en discutant avec un ancien mineur, il nous a expliqué que les mineurs étaient fiers de leur travail et contents de le faire découvrir aux touristes de passage. Cela leur apporte également des ressources notamment via les cadeaux apportés par les visiteurs (feuilles de coca, dynamites...). Il est aussi intéressant de découvrir les conditions de travail difficiles des milliers de mineurs encore attirés ici par l'espoir de faire fortune rapidement.

Accompagné de Wilson, un jeune mais déjà ancien mineur, nous parcourons pliés en deux, voire en rampant, des kilomètres de galeries poussiéreuses. En ce week-end de Pâques, très peu de mineurs sont venus travailler, mais Wilson nous fait partager son expérience et découvrir les coutumes des mineurs. Si ces derniers sont catholiques à l'extérieur, dans la mine, ils adorent le "Tio". Après s'être cogné 10 fois la tête en jurant, avoir respiré difficilement au travers d'un foulard pour éviter d'inhaler de la poussière de silice, avoir été claustrophobes au fond de tunnels étroits, nous pouvons facilement nous imaginer les conditions de travail d'un autre siècle des mineurs.

Malgré la campagne du gouvernement bolivien contre le travail infantile et les dangers que cela représentent, près de 500 enfants travaillent encore au Cerro Rico. La plupart n'ont plus de père, décédé prématurément du mal de la mine, la silicose. Certains parce que leurs familles n'ont pas les moyens de leur payer des études, d'autres par l'attrait de la mine. En effet, lorsque le prix du minerai est fort, Wilson nous raconte que les mères disent à leurs filles : "Epouse un mineur !".

Toutes les photos de Potosi ICI

La ville blanche de Sucre

Sucre, c'est un autre style. Moins élevée, il y fait nettement plus chaud. Les édifices historiques du centre-ville entièrement peints en blanc donnent à la ville un certain cachet. Siège de la Cour Suprême, nous sommes amusés par le nombre de cabinets d'avocats à Sucre. La ville offre également un visage moderne avec ses universités et ses hommes et femmes en costumes cravates et tailleurs dans les rues. Nous profitons de cette courte étape pour admirer la ville depuis le mirador où nous déjeunons en terrasse. Définitivement, nous avons changé d'ambiance !

Route maintenant vers le nord du pays et l'étonnante capitale administrative : La Paz.

Toutes les photos de Sucre ICI


Nos bonnes adresses à Potosi et Sucre

  • Le café Internet Candelaria à Potosi. Un des rares endroits en ville où l'on peut trouver du Wifi. Ils servent également de bons petits-déjeuners, repas et gâteaux, mais à des prix touristiques.
  • L'agence The Real Deal Tours à Potosi. Elle est la seule créée et gérée par d'anciens mineurs. Le tour d'une demi-journée coûte 90 bolivianos par personne (env. 8,75€) soit un peu plus cher que dans les autres agences touristiques, souvent rattachées à des hôtels, mais nous avons préféré encourager ces jeunes anciens mineurs. Les avantages : être guidé par un ancien mineur enthousiaste qui fait partager son expérience, pouvoir visiter un ingenio où est traité le minerai (seules deux agences y ont accès), profiter d'un bon repas typique offert dans le restaurant créé par leurs femmes !
  • L'Amigo Hostel à Sucre. Basique mais sympa, il est le lieu de passage incontournable de nombre de routards. La preuve : nous y avons retrouvé Marion, la française rencontrée dans le nord-ouest de l'Argentine, mais aussi Amandine et Julie, les jeunes belges avec qui nous avons fait un bout de chemin à Torres del Paine, à près de 4000km plus au sud ! 80B. (env. 7,80€) la chambre double avec salle de bain partagée, petit-déjeuner, cuisine et wifi.
  • Le restaurant Mirador Café Gourmet à Sucre. En plus de sa situation idéale en haut de la rue Dalence avec une vue imprenable sur la ville de Sucre, la nourriture y est délicieuse et assez bon marché. J'ai ai mangé la meilleure, la plus belle et la plus grande salade composée de tout notre voyage ! Les jus de fruits sont également super bons ! 66B. (env. 6,40€) pour 2 plats et 3 grands cocktails de jus de fruits.

Mis à jour (Dimanche, 22 Septembre 2013 18:31)